C’est avec un plaisir non dissimulé que je vous partage ci-dessous la traduction française de l’article réalisé par Makiko Kobayashi, journaliste du magazine Kinbon Bonsai, lors de la Bonsaï Culture Expo 2025.
Nous sommes vraiment ravis que le magazine Kinbon Bonsai, qui est une référence mondiale absolue dans l’univers du bonsaï, soit venu jusqu’en France pour couvrir notre événement. Je crois que c’est une première en France, et peut-être même en Europe, de bénéficier d’un article complet de quatre pages détaillant tout ce qui s’est passé lors de ce week-end de fin octobre 2025.
La traduction ci-dessous porte uniquement sur le corps de l’article relatant l’événement ; elle n’inclut pas nécessairement la traduction de toutes les légendes des photos présentes dans la publication. Pour vous procurer le magazine original, il vous suffit de vous rendre sur le site internet de Kinbon Bonsaï, qui propose des expéditions à l’international. Vous trouverez le lien ci-dessous.
https://www.bonsai.co.jp/contact_en/index.php
Indiquez dans votre message :
Magazine kinbon février 2026
À noter !!! :
Le magazine est publié uniquement en japonais.
Il n’existe aucune version anglaise ou française de la revue.

Paris au cœur du Bonsaï : Le récit de Bonsai Culture Expo 2025
Par Makiko Kobayashi
En novembre 2025, Paris a confirmé son statut de « Cité des Arts », mais aussi de carrefour mondial pour les passionnés d’arbres miniatures. Sous l’impulsion de Jean-Yves Lamusset et de son organisation Bonsaïculture.fr, j’ai pu constater la ferveur qui a entouré la 5e édition de Bonsaï Culture Expo.
Cet événement a pris une dimension historique en accueillant officiellement le Musée d’Art du Bonsaï d’Omiya pour le 100e anniversaire du village du bonsaï d’Omiya.
Voici le récit de mon immersion.
Un cadre historique entre tradition et modernité
L’exposition s’est déployée au Parc Floral de Paris, dans le 12e arrondissement. Ce site, aménagé en 1969 au sein du Bois de Vincennes, abrite depuis 1989 la première collection permanente publique de bonsaï en Europe. J’ai été admirative de cette collection, allant des azalées Satsuki offertes par la ville de Kanuma aux pins de Takamatsu, tous entretenus avec soin par Jean-Philippe Hoareau. Formé par Ryan Neil, il perpétue avec brio la lignée technique du grand maître Masahiko Kimura.
Une vitrine médiatique : Le passage sur France 2
En marge de l’ouverture, j’ai suivi avec intérêt la stratégie de communication de BonsaïCulture.fr.
Le 30 octobre au matin, l’exposition a bénéficié d’une tribune exceptionnelle dans l’émission Télématin sur France 2. Chaine nationale de télévision française.
Lors de ce direct suivi par un million de téléspectateurs, Jean-Yves Lamusset et l’expert Shinta Nakamura, accompagnés de spécimens prêtés par la boutique emblématique Paris Bonsaï, ont fait rayonner la discipline. J’ai été particulièrement amusée par l’appel de M. Lamusset qui a lancé aux téléspectateurs : « Ne dites pas « Bonzaï », mais prononcez « Bonsaï » ! ».
Tous les chroniqueurs se sont alors mis à scander ensemble « Bonsaï ! Bonsaï ! », provoquant un moment de rire communicatif sur le plateau.
Retour au Parc Floral (12e) : Ateliers et expertise japonaise
De retour sur le site, l’expertise japonaise a pris toute sa place.
Lors des ateliers des 28 et 29 octobre, Shinta Nakamura m’a confié avoir été frappé par la qualité des Pins sylvestres (Scots Pine) européens prélevés dans la nature (yamadori).
La démonstration de M. Nakamura, qui s’est déroulée sur deux jours, a attiré plusieurs centaines de personnes et a connu un immense succès. Le sujet était un Pin sylvestre appartenant à Christophe Ossart, en charge de l’entretien quotidien des bonsaï du Parc Floral de Paris. Comme il s’agissait d’un spécimen de grande taille, M. Nakamura a dû travailler sur une plateforme pour atteindre la cime lors de la deuxième journée. L’affluence était telle que la voix du démonstrateur avait parfois du mal à porter.
À l’issue de son travail, l’expert a déclaré : « J’ai pu réaliser des pliages de branches qui me semblaient pourtant difficiles au départ. Comme c’est un arbre auquel le propriétaire tient énormément et qu’il continuera d’être cultivé au Parc Floral de Paris, j’aimerais rester en contact depuis le Japon pour suivre son évolution et sa croissance. »
À l’origine, cet arbre portait le nom de « Gabi », mais il a été officiellement rebaptisé « Shinta-Gabi » en l’honneur du maître.
Dans les allées de Bonsaï Culture Expo : Mes impressions
En parcourant les allées, j’ai découvert 56 présentations magnifiées par une scénographie créative. J’ai noté un détail ingénieux : les tables des lauréats ont été recouvertes d’un tissu orange (couleur thématique de l’Expo) pour les distinguer immédiatement. Ce choix a permis aux visiteurs non initiés d’identifier instantanément les arbres ayant reçu un prix. J’ai également eu l’honneur de participer au jury aux côtés de Mme Shimokawa, épouse de l’Ambassadeur du Japon en France.
Parallèlement, M. Fumiya Taguchi, conservateur du musée d’Omiya, a assuré la promotion du bonsaï d’Omiya à travers l’exposition d’estampes Ukiyo-e. Le succès fut tel que les prospectus du musée ont été épuisés dès le premier jour. M. Taguchi a confié après l’événement : « Bien que la communication se soit faite dans un anglais hésitant de part et d’autre, cela nous a paradoxalement permis d’avoir des échanges très intimes et d’approfondir sincèrement notre compréhension mutuelle avec de nombreux amateurs passionnés. De plus, j’ai eu l’occasion de discuter avec M. LAMUSSET (l’organisateur), les techniciens du Parc Floral, les experts en bonsaï et les membres de l’Ambassade du Japon en France. Nous sommes tombés d’accord sur la volonté de poursuivre et de développer les échanges autour du bonsaï entre la ville de Paris et Omiya à l’avenir. Je suis très reconnaissant d’avoir pu participer à une exposition aussi enrichissante pour notre musée. »
On jauge souvent la qualité d’un événement par l’activité de sa zone commerciale, et l’effervescence que j’y ai constatée prouve que l’événement était un véritable succès. Parmi les 38 exposants, j’ai pu apprécier les kokedama d’Ikuko Karasuno et le stand d’onigiris faits main par Leico, une Japonaise résidant en France, Paris Kyoto Snacks, qui a rencontré un immense succès.
Émotion et perspectives d’avenir
Mon séjour a été marqué par une rencontre impromptue et très émouvante avec Karen Halmstad, fille de Lynn Perry. Discuter des souvenirs d’Omiya avec elle fut pour moi un moment fort en émotion.
En conclusion, le bonsaï français est encore en phase de reconnaissance en Europe, mais j’ai été littéralement impressionnée durant ces quelques jours par la ferveur des organisateurs.
En utilisant les réseaux sociaux pour impliquer leur entourage, ils ont réussi à agrandir l’échelle de cette exposition en un temps record.
Il est prévu que de nombreux autres experts japonais renommés participent aux prochaines éditions. Je souhaite de tout cœur que la culture du bonsaï japonais continue de s’épanouir dans la « Cité des Arts », Paris, qu’elle soit aimée par un public toujours plus large, et que ce lien entre le Japon et le bonsaï perdure longtemps.
Makiko Kobayashi
(Traduction et adaptation bonsaiculture.fr)